
bamako, 3 fév 2012 (afp) - les autorités maliennes ont tenté vendredi
de calmer la colère liée la rébellion touareg qui a provoqué des
manifestations contre sa gestion de la crise et contre des civils à la
peau claire, au moment où des discussions entre le mali et la
rébellion ont lieu à alger.
également entraîné un exode important de populations, essentiellement
des maliens, dans deux pays voisins: près de 10.000 au niger, selon le
comité international de la croix-rouge (cicr), et près de 5.000 en
mauritanie, selon une source locale.
après les avoir déjà entendues jeudi, le président malien amadou
toumani touré a de nouveau reçu vendredi des femmes inquiètes du sort
de leurs maris soldats qui combattent les rebelles, dénonçant une
""""désinformation"""" qui a """"envenimé la situation"""".
les femmes et proches des militaires dénoncent le silence sur leur
situation et la """"mollesse du pouvoir"""" face aux rebelles touareg
qui, depuis la mi-janvier, ont lancé une offensive dans le nord du
mali, en y attaquant plusieurs villes.
des manifestations parfois violentes ont eu lieu jeudi à bamako, ségou
(centre) et surtout à kati, ville-garnison à 15 km de la capitale.
des propriétés de touareg ont été saccagées mais les manifestants s'en
sont également pris aux biens d'autres communautés à la peau claire,
comme les arabes du mali ou des mauritaniens installés dans le pays.
en marge d'une manifestation de femmes vendredi à sikasso (sud), des
""""jeunes casseurs"""" en ont profité pour saccager au moins deux
bâtiments administratifs, selon la police.
a bamako, la vie a repris doucement, la circulation restant vendredi
moins dense qu'à l'habitude, a constaté un journaliste de l'afp, qui a
vu onze boutiques saccagées et des restes de pneus brûlés sur
plusieurs artères.
prières pour la paix
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par crainte de nouvelles violences, les touareg de bamako sont restés
terrés chez eux ou se sont réfugiés chez des amis maliens ou étrangers
noirs.
quelques dizaines de mauritaniens de la capitale se sont pour leur
part réfugiés à leur ambassade jeudi. vendredi, certains étaient
retournés chez eux, a-t-on appris de sources concordantes.
dans les mosquées, les imams ont appelé au calme et à la paix.
""""noirs ou clairs, nous sommes avant tout des maliens. nous devons
nous donner la main, vivre en fraternité"""", a dit celui de
banankabougou, un quartier populaire de bamako.
les violences se sont produites en dépit d'un appel du président à ne
pas faire """"l'amalgame"""" entre civils et rebelles touareg.
depuis le 17 janvier, le mouvement national pour la libération de
l'azawad (mnla) et d'autres rebelles mènent dans le nord une offensive
et ont attaqué plusieurs villes de cette immense zone
quasi-désertique: ménaka, aguelhoc et tessalit, anderamboukane, puis
léré et niafunké.
ces attaques ont fait plusieurs morts et blessés des deux côtés,
chaque camp faisant état de lourdes pertes chez l'adversaire. ces
bilans sont difficiles à confirmer de sources indépendantes.
vendredi, le ministre des affaires étrangères, soumeylou boubèye
maïga, était toujours à alger où il était arrivé la veille pour une
rencontre avec des rebelles touareg. rien n'a encore filtré sur cette
réunion.
face à l'aggravation de la situation, le président touré a procédé à
un mini-remaniement de son gouvernement, en permutant les ministres de
la défense et de la sécurité.
les etats-unis se sont déclarés """"profondément inquiets des
violences à répétition dans le nord du mali"""".
inquiétude d'autant plus grande que cette zone est aussi le théâtre
d'opérations d'al-qaïda au maghreb islamique (aqmi) qui y détient
treize otages occidentaux, dont six français.
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