
Le leader du mouvement Touche pas à ma nationalité (TPN),
en pointe dans la contestation de la communauté négro-africaine de
Mauritanie contre un recensement de la population jugé raciste, a été
arrêté, a annoncé dimanche l'opposition dans un communiqué.
Abdoul Birane, coordinateur de TPN qui proteste contre les
dysfonctionnements du recensement en cours, sans donner la moindre
justification à cette mesure, affirme le communiqué de la coordination
de l'opposition (COD).
La COD condamne fermement l'arrestation du coordinateur de TPN en tant
qu'atteinte à la liberté d'un citoyen mauritanien dont le seul tort
est de s'opposer aux pratiques du régime, invité à cesser ses
pratiques de provocation contre les forces d'opposition et d'atteintes
contre les libertés individuelles et collectives.
Le TPN organise régulièrement depuis plusieurs mois des
manifestations, certaines violents, contre le recensement de la
population que le mouvement juge raciste et dirigé contre les Noirs de
Mauritanie dans le but de les déposséder de leur nationalité.
Un haut responsable de la police a confirmé à l'AFP l'arrestation de
M. Birane affirmant, sous couvert de l'anonymat, qu'il n'a pas été
arrêté pour ses activités dans le cadre de TPN, mais bien pour la
constitution d'une organisation de malfaiteurs qui devaient incendier
l'université de Nouakchott.
Selon lui, M. Birane a donné des ordres directs pour détruire les
biens de l'université, atteindre aux symboles de l'Etat, déchiqueter
le drapeau national, saper l'unité nationale et commettre des
agressions contre l'encadrement de l'université. Nous disposons de
preuves irréfutables qui seront transmises au parquet, a-t-il affirmé.
Vendredi, le directeur de l'université publique de Nouakchott,
Abdallahi Kane, a accusé le TPN et le parti islamiste modéré Tewassoul
d'être derrière des manifestations qui ont eu lieu la semaine dernière
à l'université, conduisant à sa fermeture pour 10 à 15 jours.
Huit étudiants ont été définitivement radiés et trois autres suspendus
pour un an par le conseil de discipline.
Sept syndicats d'étudiants ont condamné cette décision et se sont
engagés à poursuivre la lutte pour leur libération et la réalisation
de leur plate-forme revendicative qui repose sur une amélioration de
leurs conditions de vie et de travail sur le campus universitaire.
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